Le gouvernement veut renforcer l’éducation financière des Français, dès le plus jeune âge, pour améliorer leur autonomie dans un pays encore peu à l’aise avec ces sujets. ( crédit photo : Getty Images )
Sommaire:
- Les Français encore en retard sur les questions financières
- Axe 1 - Mieux accompagner les Français tout au long de leur vie
- Axe 2 - Donner plus de visibilité au label EDUCFI
- Axe 3 - Généraliser le Passeport EDUCFI dans les collèges
- Axe 4 - Développer des outils basés sur l’intelligence artificielle
- Axe 5 - Mieux mesurer les progrès réalisés
- Un enjeu clé pour les jeunes et l’autonomie financière des femmes
Les Français encore en retard sur les questions financières
L’argent ne doit plus être un sujet tabou ou une source de précarité par manque d’information. C’est en substance le message porté par le gouvernement qui célèbre cette année les dix ans du programme EDUCFI (Éducation économique, budgétaire et financière).
Le score moyen de culture financière des Français atteint 12,82/20 , en progression continue depuis 2021. Pourtant, la France reste en retrait par rapport à plusieurs pays européens leaders dans ce domaine. Cette note la place au milieu du peloton parmi la quarantaine de pays participants à une étude européenne de l’OCDE. Dans un contexte marqué par la complexité croissante des produits financiers, la digitalisation des services, les risques de cyber-escroqueries et les pressions inflationnistes, ces lacunes peuvent avoir des conséquences lourdes: surendettement, mauvaises décisions d’épargne ou vulnérabilité face aux fraudes.
Le nouveau plan d’action EDUCFI, annoncé mi-mai par le comité stratégique, ne prétend pas tout résoudre du jour au lendemain, mais il fixe un cap ambitieux pour la période 2026-2027. Il s’articule autour de cinq axes majeurs.
Axe 1 - Mieux accompagner les Français tout au long de leur vie
Le gouvernement souhaite élargir l’éducation financière à davantage de publics: jeunes, actifs, entrepreneurs, retraités ou personnes en situation de fragilité budgétaire. L’objectif est d’aider chacun à mieux gérer son budget, son épargne, ses assurances ou encore à se protéger contre les fraudes. Une attention particulière sera accordée aux femmes afin de renforcer leur autonomie financière.
Axe 2 - Donner plus de visibilité au label EDUCFI
De nombreux contenus financiers circulent sur internet, avec une qualité très variable. Pour aider les Français à identifier des ressources fiables, les pouvoirs publics souhaitent renforcer la visibilité du label EDUCFI. Celui-ci distingue des contenus pédagogiques répondant à des critères de neutralité, de gratuité et de fiabilité.
Axe 3 - Généraliser le Passeport EDUCFI dans les collèges
À partir de la rentrée 2026, tous les élèves de 4e bénéficieront du Passeport EDUCFI. Ce dispositif permet de découvrir les notions essentielles liées à l’argent: budget, épargne, crédit, moyens de paiement ou prévention des arnaques. L’ambition est de transmettre les bases de la gestion financière dès le plus jeune âge.
Axe 4 - Développer des outils basés sur l’intelligence artificielle
Le plan prévoit également la création d’outils numériques utilisant l’intelligence artificielle. Ces solutions doivent permettre de proposer des contenus pédagogiques personnalisés et adaptés aux besoins des utilisateurs. L’objectif est de rendre l’éducation financière plus accessible et plus simple à comprendre pour tous.
Axe 5 - Mieux mesurer les progrès réalisés
Enfin, les autorités souhaitent suivre plus précisément l’évolution du niveau de culture financière des Français, notamment des jeunes. La participation aux enquêtes internationales permettra de comparer les résultats avec ceux d’autres pays et d’adapter les actions menées lorsque cela est nécessaire.
Un enjeu clé pour les jeunes et l’autonomie financière des femmes
Il y a encore une vingtaine d’années, l’éducation financière était pratiquement inexistante dans les programmes scolaires et restait peu abordée dans le débat public. Cette question concernait également les femmes, alors même que la maîtrise des finances personnelles constitue un facteur important d’autonomie.
Dans cette optique, l’Autorité des marchés financiers (AMF) avait déjà annoncé, le 6 mai dernier, vouloir «déployer un plan d'action spécifique femmes et investissement». Les écarts demeurent en effet significatifs: 24% des femmes déclarent détenir des instruments financiers (compte-titres, PEA, crypto-actifs), contre 45% des hommes. Pour Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF, cet enjeu dépasse largement la seule question boursière. Selon elle, la sous-représentation des femmes dans l’investissement «est un enjeu majeur pour l’autonomie financière des femmes et un manque à gagner pour l’économie».
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